L’amour est souffrance ?

Quand je vois où nous mène l’amour parfois, vers quelles extrémités il nous entraîne, je me demande si on fait bien d’y courir après. L’amour c’est un pari fou où l’on mise tout sur une seule personne jusqu’à ne plus voir qu’elle. On en fait notre centre de rotation et tout, tout gravite autour d’elle. Nos peines, nos joies, nos larmes et nos rires. C’est un manège infernal où les sentiments s’entrelacent, s’emmêlent, jusqu’à ce que parfois, les liens s’effilochent, se distendent, et se rompent, nous laissant comme un pantin inanimé. Pinocchio à l’état de marionnette. Pauvre petite poupée de bois qui n’a pas même la force de relever la tête sans ces fils qui la contrôlent. Le marionnettiste, ce bourreau qui joue avec les cordes et regarde ces bras et ces jambes se mettre à danser pour lui plaire.

poupée

Jolie poupée, tu n’as pas besoin de ces mains pour te diriger. Tu as ta propre force, bien ancrée au fond de toi. Trouve là et coupe tes liens. Ne t’attache pas ainsi à quelqu’un. Assure-toi que tes liens ne soient pas trop serrés, que tu puisses t’en échapper sans qu’ils ne laissent de marques trop profondes dans ta chair.

Maintenant tes poignets saignent et tu les contemples impuissante. Tu vois perler ces gouttes de sang, une par une, comme un millier de petites flèches fichées au plus profond de ton cœur.

Pourquoi aimer ? A-t-on besoin de déverser tout notre amour dans un seul récipient ? Ne serait-il pas mieux d’en garder un peu, de le diviser ?

S’assurer de toujours conserver un peu d’amour à bouturer pour toujours avoir le plaisir de contempler croitre encore et encore des amours, comme des rosiers grimpants.

Ces plantes aux fleurs si délicates et à l’arôme si puissant qui révèlent quand on s’en approche de trop près des épines impitoyables.

Gare à celui qui se pique à la fleur de l’amour trop violemment.

Peut-il y avoir amour sans souffrance, ou ne sait-on que l’on aime que dès l’instant où notre cœur se serre et que l’on ne peut plus rien avaler ?

Doit-on croire Anatole France selon qui « l’amour ne fleurit que dans la douleur » ?

A quoi bon aimer alors si même Freud nous prévient contre ce mal pourtant si doux « nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons ».

Et des citations sur cet amour fait de douleur sont kyrielles. Il n’y a qu’à se baisser pour les cueillir.

« Qui commence à aimer doit se préparer à souffrir », Chevalier de Méré.

Nous voilà prévenus… Pourtant, même après avoir expérimenté à de nombreuses reprises cette brûlure insidieuse qu’est la déception, ce poison qui nous ronge de l’intérieur, d’abord invisible, indolore, pernicieux, puis plus incisif, faisant apparaître des symptômes dignes de personnes au seuil des portes des enfers, on reste tentés de sauter encore une fois dans les flammes, espérant cette fois que notre combinaison ignifugée nous protégera.

Pourtant, à chaque fois on se brûle les ailes. A trop vouloir voler près du soleil Icare a fini par rejoindre brutalement la terre ferme. La chute est rude lorsqu’on tombe de haut. La chute est rude lorsqu’on a connu le brasier de l’amour.

Etendus au sol, comme ancrés dans la glaise, on n’a d’autre choix que de lever les yeux vers ce qui est désormais notre passé. Contempler ce soleil qui de loin brille déjà beaucoup moins. Il nous appelle, il nous attire. Après la brûlure, cet été à la chaleur étouffante, vient l’hiver, glacial.

Il fait froid loin de cet être qui réchauffait nos nuits, notre cœur. On a laissé un petit bout de nous-mêmes là-haut. On se sent plus fragile, incomplet, alors que c’est en réalité la première fois depuis bien longtemps que l’on vit exclusivement pour nous.

N’avoir d’autre préoccupation que nous même devrait nous libérer, mais on s’enferme dans la déprime. Les barreaux sont épais et si proches les uns des autres que l’on peine à distinguer l’extérieur. Pour nous le ciel est gris, gris comme les murs de cette prison à l’intérieur de laquelle on tourne comme un fauve en cage jusqu’à épuisement. On alterne les phases d’inanition et de boulimie.

On maigrit, on prend peur, ces os soudainement saillants, omniprésents nous rappellent l’objet de nos tourments. Alors on mange et on mange encore, jusqu’au dégout. Un dégout de tout, de ces aliments qui nous remplissent comme une outre, ces aliments qui nous salissent, nous font enfler comme un ballon. On mange jusqu’à se dégouter soi-même. Jusqu’à ne plus oser regarder ce corps répugnant où les os  saillants ne sont plus qu’un lointain souvenir. Ces os qu’une couche épaisse, dégoulinante est venue recouvrir comme pour amortir les coups durs de la vie.

On ne rentre plus dans certains vêtements et notre cœur semble lui aussi avoir grossi. Il pèse contre notre poitrine, tente de s’en échapper. Il est bien trop imposant pour être ainsi confiné.

Tomber amoureux est un acte courageux.

C’est prendre le risque d’être déçu, de connaitre des désillusions. De souffrir, beaucoup, longtemps.

On ne devrait pas engager ainsi notre cœur. Il nous appartient. Pourquoi le livrer en pâture au premier venu ?

 

Il est si doux d’aimer.

 

Fantômette

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A mes (nos) amis

Cet article est une lettre ouverte, une déclaration d’amour, un point d’exclamation dédié à tous les amis, les miens, les nôtres, les vôtres. Ces êtres merveilleux qui ponctuent notre quotidien et sans qui notre vie ne serai plus tout à fait la même.

coeur

Il y a ces jours où tout va bien, le soleil brille, les oiseaux chantent, on se sent le cœur aussi léger qu’un papillon et on se laisserait presque aller à voleter de ci de là, au grès des courants d’air ou de notre volonté. Ces jours-là sont merveilleux. Partager un immense bonheur avec des gens qu’on aime cela nous laisse encore beaucoup de bonheur pour nous tout seul. Et puis les amis c’est comme des incubateurs de bonheur, vous leurs donnez un petit rien et ils vous donnent un grand tout.

Les amis ce sont ces gens qui comprennent votre humour (qui peut paraitre obscur aux mécréants), des personnes qui rient de vos petits défauts (même parfois des gros), des êtres qui savent identifier le second degré (non, vraiment je ne veux pas me faire nonne !).

Un ami c’est avant tout quelqu’un qui ne vous juge pas, qui ne cherche pas à vous changer et qui surtout, surtout, ne rit pas de vous.

Les prétendus amis qui ne ratent aucune occasion pour vous tourner en dérision sont tout sauf des amis sont au mieux des connaissances… au pire de vrais ******** (je ne voudrais pas être vulgaire).

Pour partager des moments inoubliables, ou plus classiquement une tasse de thé (les réfractaires parlent de vodka…), ils répondront toujours présents, ces petits êtres pleins de sourires et de compassion, tellement remplis de bonnes intentions qu’on les voit se tendre, s’étirer, au risque d’exploser et de déverser leur amour au hasard, sur toute personne se trouvant dans les parages.

Attention aux débordements d’affection. Il est aisé de s’éprendre de ces petits êtres attachants, si facile de sentir leur souffrance, de subir avec eux. Tout sentiment est partagé, analysé, pensé, réfléchi. Un ami cherche une solution à chaque chose et pour lui, tout problème aura sa solution.

Vous vous êtes fait larguer par un méchant garçon ?

Qu’importe, il n’était pas assez bien pour vous ? Vous êtes tellement au-dessus du lot, tellement exceptionnelle… et vous êtes la seule à ne pas y croire.

Ah ces amis qui font de vous une star, une personne à part, quelqu’un d’unique, de fantastique, qui vous font rire derrière vos larmes.

Et vous avalez ce liquide salé qui s’échappe de vos yeux, vous riez, bouche grande ouverte malgré vous. Car la fatalité n’existe pas quand on est bien entouré.

Quand on sait qu’à tout moment on a quelqu’un sur qui se reposer, une oreille attentive qui capte vos doutes et vos peurs, les dévore et vous les ressort inoffensifs, menottés, saucissonnés.

Les vrais amis se révèlent dans les pires moments, ces moments de ceux qui font fuir la majeure partie de votre entourage. Les moments pas très marrants où le clown de service disparait et se transforme en un clown triste. Ces moments où votre lumière intérieure est en position éteinte et où vous vous perdez dans la noirceur de vos pensées. Dans ces moments-là, vous verrez des bras tendus vers vous pour vous sortir du puits où vous vous noyez. Au bout de ces bras, ces poignets, ces coudes, en remontant lentement, vous reconnaitrez ceux qui sont réellement là pour vous, dans les pires instants (quitte à se mouiller les manches pour vous sortir du puis, mais ceci est une autre histoire…).

J’ai connu assez de hauts mais aussi de bas pour faire tomber les masques de bon nombre de comédiens de l’amitié. Pour d’autres, rien ne dissimulait leur vrai visage et je voudrai les en remercier.

 

Merci, merci pour tout, merci d’être là quand je ris (et c’est dire si je ris fort) mais surtout merci d’être là quand je pleure, même si ça n’arrive pas souvent, même s’il faut parfois un peu gratter la surface de mon cœur pour en dégager les sentiments.

Merci pour tout, je ne le dirai jamais assez, je vous aime tellement, je vous dois tellement.

 

PS : je ne comprends pas moi-même d’où me sors cette envolée lyrique, mais il n’en reste pas moins que sans vous je serai beaucoup, beaucoup moins bien.

 

Xoxo

 

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Fantômette

Le premier rendez-vous

« Premier rendez-vous », trois mots aussi insignifiants que terrifiants. Un mélange  d’excitation et de terreur absolue. Il parait que certains savent rester sereins à cette perspective. Pour ma part, j’anticipe bien avant la date fatidique et une fois la joie d’avoir obtenu un tête à tête, les premiers signes d’angoisse apparaissent. Les premiers jours, la tension reste gérable, mais plus la date fatidique approche, plus je deviens fébrile. Mon estomac se noue, je ne peux plus rien avaler et j’ai même parfois la désagréable impression d’être en apnée la plupart du temps (pourtant je ne tiens en général que trois secondes la tête sous l’eau…).

Finalement, je n’ai plus très envie de ce rendez-vous… Si j’osais, je prendrai mes jambes à mon coup et je disparaitrai à tout jamais de la circulation. Mais une petite voix me dit qu’il n’était alors peut-être pas utile de me donner tant de mal pour l’obtenir si c’était pour finalement tout envoyer valser.

Non, définitivement, je ne peux pas m’échapper.

blog

Le rendez-vous arrive, il est trop tard pour reculer. On a toutes passé des siècles dans la salle de bain à essayer une dizaine de tenues alors qu’on était spécialement allées faire les magasins pour cette occasion.. On se maquille et se démaquille tour à tour. On n’est jamais satisfaites. Il nous faut trouver l’équilibre parfait entre le sexy et l’élégance. Ne pas sombrer dans l’excès. Ne pas être trop habillée, (il ne faudrait pas qu’il nous prenne pour une bonne sœur) ni trop dévêtue (on ne veut pas non plus passer pour une escort). Bref, c’est un vrai casse-tête, et si  on avait initialement prévu de se présenter en petite robe et sandales, on finira irrémédiablement par partir vêtue d’un pantalon et de talons hauts.

Tout le temps de préparation en amont n’aura finalement servi à rien… ça y est, on y est, l’homme approche. Il est grand, il est beau, on tombe en pamoison… mais tout reste encore à faire. On a beau être bien déguisée en princesse fatale, encore faut-il que notre discours soit conforme à notre image (sexy et classe tout à la fois).

On ne veut pas passer pour une écervelée, mais il faut bien le dire, un exposé du théorème de Thalès n’est que très rarement glamour, et à moins de tomber sur un fétichiste des chiffres on n’aura que peu de chance d’attirer monsieur l’Apollon dans nos filets en évoquant des sujets aussi bateaux (du coup on l’attire dans les filets du bateau, ce qui me parait relativement logique…).

Mais alors, que dire ?

Si on admire son corps d’athlète, son petit air intello, son intelligence vive… (choisissez une option), on se retient de le lui dire. La flatterie c’est bien, mais c’est bien connu nous préférons être flattées que flatter nous-même.

NOUS sommes les princesses !

Alors on parle de tout, de rien, de lui, de nous. On joue avec la paille de notre mojito (si on a bu un mojito, mais ça marche avec n’importe quelle paille) pour s’occuper les mains. Elles ne veulent pas rester immobiles. On se demande ce qu’elles ont ces mains, elles sont bien encombrantes ce soir. On n’y prête pas tant d’attention les autres soirs. Les soirs normaux, passés seules chez-soi. Mais là, nos mains se révèlent omniprésentes. On leur ordonne mentalement de lâcher cette satanée paille qui ne leur a strictement rien fait, mais elles n’en font qu’à leur tête. Elles agitent la paille dans le verre qui demeure vide (d’où l’expression brasser de l’air (avec une paille)).

On sourit par-dessous nos cils, comme si cela suffisait à cacher nos lèvres étirées et notre rangée de dents qui tente de s’en échapper.

On minaude un peu, beaucoup.

On a la tête penchée sur le côté, comme si le poids de la connaissance était soudain trop lourd à supporter.

On enlève une mèche de cheveux de notre visage, mèche qui souvent n’existe que dans notre esprit, et on la remet en place car on n’aime pas avoir les cheveux dégagés derrière les oreilles (ça nous donne un air étrange).

On le regarde lui, on se demande ce qu’il pense, mais ça ne sert à rien, on ne sait pas.

L’homme est hermétique comme un Tupperware. Il n’a pas l’air d’avoir de problème avec ses mains lui. Elles sont sagement posées sur ses cuisses quand elles n’enveloppent pas son verre. Son verre qui laisse s’échapper un peu de sa boisson. Il essaie de nous faire croire qu’il fuit mais l’éventualité est peu probable (le verre n’est pas si poreux, nous ne sommes pas stupides).

Le rendez-vous s’achève, il a duré 6 jours, 6 minutes, ça a été à la fois trop long et beaucoup trop court. On en sort éreintées, comme après une longue course. Toute cette retenue nous a épuisées.

C’est le moment de se séparer, l’instant fatal où on ne sait jamais quel comportement adopter : tendre la joue, l’oreille, attendre ?

On se sépare, chacun part de son côté. L’anxiété retombe, nous laisse pantelante, tremblante. Ça s’est mal passé c’est sûr puisqu’il n’a pas tenté de nous embrasser…

En fait, on ne sait pas, peut être que plus tard dans la soirée une bonne surprise arrivera en forme de sms.

Cette surprise nous dira combien cet homme a apprécié votre compagnie et l’adrénaline se remettra à couler dans vos veines.

Parfois, notre portable restera désespérément silencieux, c’est certainement mieux ainsi.

 

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Fantômette